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Bonus surprise - Scène coupée 3 HOT


Anniversaire


FRANCK

10 ans plus tôt


Comme ça, naturellement, on a pris nos marques avec Lexi. On court ensemble tous les matins, les mecs et moi on la rejoint avec Greg et Selma et les autres pour déjeuner, je vais la chercher à la fin de son cours de dessin le jeudi et je la ramène. De temps en temps on s’arrête manger des pancakes, enfin moi je mange les pancakes et elle, elle savoure sa boisson chaude. Je ne tente rien, pas parce que je n’en ai pas envie mais parce qu’elle n’est pas prête, cela ne ferait que la braquer et je n’ai pas envie de prendre le risque de la perdre. J’aime, j’adore nos petits moments, rien que tous les deux.

Plus le temps passe et plus je la sens qui se détend. Elle rit un peu plus, son visage est plus souvent souriant, je dirais qu’elle va mieux et j’ai peut-être l’orgueil de croire que j’y suis pour quelque chose. C’est dingue mais depuis que je traîne avec elle, je n’ai pas eu le besoin ni l’envie d’aller chercher la compagnie d’une autre. Bien sûr j’ai des besoins physiques, que ma main satisfait pour le moment mais j’ai peur qu’à un moment donné je ne sois trop frustré pour m’en contenter.

Samedi les mecs ont organisé une petite fête pour mon anniversaire. J’ai demandé à Lexi si cela lui disait d’y venir sans mentionner mon anniversaire, mais son refus a été catégorique et j’ai eu beau jouer de tous mes atouts charme, rien n’y a fait. Alors pour changer la donne, je me dirige vers sa chambre pour exiger une soirée d’anniversaire en tête à tête, je n’ai aucune idée de ce que sera sa réaction, mais tant pis, comme sur la glace, je suis prêt à prendre des risques. Je cogne distinctement et perçois rapidement un bruit à l’intérieur. J’entends qu’on trébuche et un verrou se libère après un moment.

– Frank ?! m’accueille-t-elle visiblement surprise. Qu’est-ce que tu fais là ?

– Soirée films ! dis-je simplement en montrant les deux dvd que j’ai à la main et le sachet de popcorn de l’autre côté.

– Tu… Je… Enfin tu n’as pas mieux à faire ? demande-t-elle en regardant ses pieds nus.

J’essaie de ne pas prêter attention au fait qu’elle porte un short de basket et un tee-shirt moulant. Je ne l’ai jamais vue les jambes ainsi dévêtues et avec un haut qui laissait voir ses courbes. Putain, la poitrine qu’elle a… Merde. Je suis dans la merde, la grosse merde. Je reporte mon attention sur son visage, je ne veux pas passer pour un gros pervers !

– Et toi ? répliqué-je en souriant franchement, histoire de masquer mon attirance soudainement décuplée par cent.

– Pas vraiment, concède-t-elle.

– Tu n’as pas voulu venir à la fête samedi alors je me suis dit qu’on allait se faire une petite soirée tous les deux, expliqué-je alors qu’elle se décale pour me laisser entrer. Enfin si tu n’as pas envie je peux aller voir ailleurs.

– Non, c’est bon. Pourquoi c’était si important pour toi cette soirée ? Il y en a tous les jours ou presque.

– C’était mon anniversaire, enfin c’est aujourd’hui, mais les mecs m’avaient organisé un petit truc, mais ce n’est pas grave, ajouté-je en voyant sa mine décomposée.

– Pourquoi tu ne m’as rien dit ?

– Pourquoi j’aurais dit quelque chose ? Je savais bien que tu ne voudrais pas venir, je n’ai pas voulu ajouter plus d’embarras.

– Bon anniversaire alors, sourit-elle en faisant un pas en avant pour me prendre dans ses bras.

Cet excès soudain de proximité me surprend et je déglutis nerveux. Elle le prend pour elle et recule brusquement.

– Désolé, désolé, je ne m’y attendais pas, c’est tout, dis-je doucement. Merci.

Elle hoche la tête et me montre du doigt l’emplacement du lecteur DVD sous la télévision. C’est la première fois que je mets les pieds dans sa chambre. En comparaison avec la nôtre, celle-ci est parfaitement rangée, propre et bien agencée. J’aurais honte si elle devait entrer dans la mienne. Je glisse le premier CD et prends place à distance raisonnable d’elle sur le lit. Elle a vidé le popcorn dans un bol en plastique. À plusieurs reprises nos mains se rencontrent à l’intérieur. Au début elle la retire rapidement et puis semble s’y faire. Ce n’est pas que j’espérais qu’elle finisse assise sur mes genoux, sa bouche dans mon cou, mais je ne m’attendais sûrement pas à ce qu’elle s’installe, assise par terre, au pied du lit, totalement fascinée par le film. Visiblement, elle ne connaît pas celui-ci.

– Tu peux respirer, murmuré-je à son oreille alors qu’elle retient son souffle durant la scène finale.

Elle sursaute légèrement et me cogne le nez avec l’arrière de sa tête. Je grimace surpris par le coup et frotte mon nez de la main. Elle se redresse immédiatement et se précipite vers moi pour m’examiner.

– Je suis désolée, mais c’est de ta faute.

– Je sais, je sais, soupiré-je en arrêtant sa main à proximité de mon visage.

Il ne faut pas qu’elle commence à me toucher, surtout pas avec ce tee-shirt ridiculement moulant, pas avec cette odeur particulièrement entêtante de fruits exotiques. Sa respiration s’accélère alors qu’elle s’assoit les jambes pliées sous les fesses à mes côtés, ma main serrant toujours son poignet délicat. Je ne sais pas si elle attend quelque chose de moi, mais je ne tenterai rien ce soir. Je ne pourrai pas me retenir si on commence quelque chose, j’ai besoin qu’on attaque notre relation ailleurs que dans sa chambre, ailleurs que dans un endroit qui sent Lexi, pour mon bien-être mental.

– L’autre film est très différent, c’est un film dramatique, je ne sais pas si tu l’as vu ? débité-je en fixant ses lèvres.

Elle se penche pour récupérer l’autre DVD sur sa table de chevet et l’observe. Lord of war d’Andrew Niccol.

– Je ne savais pas que tu étais du genre à apprécier ce type de films.

– Je te surprends alors ?

– Oui, acquiesce-t-elle sans gêne.

Elle s’occupe de faire le changement de DVD et mon regard est attiré par un tube sur la table de chevet, ainsi qu’un stick à lèvres. Rouges vifs. Je me penche et dévisse le bouchon pour sentir. Je suis saisi par l’odeur qui s’en échappe. C’est elle. C’est son odeur. Un peu perturbé par ma découverte, je fixe bêtement ce que j’ai dans les mains.

– Qu’est-ce que… souffle-t-elle en reprenant place à mes côtés sur le lit.

– Oh, désolé, fais-je en reposant le tube à sa place. J’étais juste curieux. Je trouve que tu sens très bon.

– Hum… hum, murmure-t-elle un peu gênée. C’est à la papaye. C’est grâce à une fille de ma classe que j’ai découvert ces produits, elle est d’origine australienne. Dès qu’elle y retourne, je lui demande de m’en ramener, j’adore.

– J’adore aussi, murmuré-je en fixant la peau délicate de son cou.

Putain, mais qu’est-ce qu’il me prend ?! Je me ressaisis et m’installe au fond du lit, contre le mur, droit comme un i, les bras croisés sur la poitrine alors qu’elle appuie sur play. Je m’attends à ce qu’elle s’assoit à deux mètres de moi, mais pas cette fois. Là elle n’est qu’à quelques centimètres et je sens la chaleur de ses bras, près des miens, son odeur qui me rend fou. Je prends une profonde inspiration et expire doucement. Je dois me concentrer sur le film, pas sur la splendide femme à mes côtés.

Finalement, mon excitation finit par se tasser et je prends tout simplement plaisir à savourer sa présence à mes côtés. Le film est très prenant et elle semble fascinée par toute la mécanique qu’il démontre. Il est un peu violent, on parle du trafic d’armes après tout. On est quasiment arrivé à la fin, son bras est collé au mien et son autre main le tient fermement, comme si elle avait besoin d’une ancre auprès d’elle. Je la sens se tendre d’un seul coup et puis dans un murmure, elle me tue d’une seule phrase.

– Est-ce que tu finiras par me laisser tomber parce qu’il ne se passera rien entre nous ?

Je prends le temps de réfléchir parce que je suis un peu étourdi par sa question, parce que ça sonne vraiment comme une affirmation, elle semble sûre d’elle et ça me fend le cœur vraiment mais je sais ce que je veux alors finalement ma réponse est rapide et j’espère qu’elle me croit.

– Non, lui réponds-je en déposant un bisou sur son front délicatement.

C’est une vraie promesse, je n’ai pas envie de perdre ce qu’il y a entre nous, mais je serais malhonnête si je disais que c’est tout ce que je veux. J’espère qu’elle ne me posera pas la question parce que je ne veux pas lui mentir et je ne veux pas lui dire la vérité sous risque de la voir s’enfuir. Je n’en ai pas envie.

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